JOHANNY BERT


À PROPOS
DE « DÉVASTE-MOI »

J’ai rencontré Emmanuelle Laborit dans un théâtre en banlieue parisienne. Nous nous sommes parlé au début par le regard, par le sourire, par les signes des mains. C’est en la connaissant, en découvrant son langage, son combat que j’ai eu de plus en plus envie de créer un spectacle pour elle et avec elle.
Emmanuelle est fan de Mickael Jackson, de Nina Hagen, d’Alain Bashung et de la Callas. Elle me raconte pourquoi. Leurs attitudes, leur énergie et elle imagine le grain de leur voix.
Une création pour une comédienne sourde qui chante.
Nous voici plongés durant trois ans dans une recherche sur un langage scénique auquel j’invite Yan Raballand, chorégraphe, et l’ensemble musical The Delano Orchestra, installé aussi à Clermont-Ferrand.
Le corps sera le sujet de notre recherche. Comme dans un récital lyrique, un bal populaire, un concert de rock ou un monologue musical, cette femme se dévoile et chant-signe ses désirs, ses libérations, ses blessures. Elle dit les maux des corps féminins : corps sensuels, corps malmenés, corps masquant des sentiments enfouis, corps libérés. Les musiciens sont les vibrations de son corps, et les notes ses pensées.
Les mots deviennent des signes et se transforment en une langue chorégraphique, visuelle, où chaque chanson devient un fragment d’histoire qui, petit à petit, nous permet de nous immiscer dans l’univers de cette femme qui ne peut entendre mais qui traduit ce que son corps ressent.

Johanny Bert
Metteur en scène